Drôle de politique

La politique des Etats-Unis et de l’Europe à l’égard de la Syrie est décidément bien étrange. Au moment où le secrétariat général de l’Onu annonçait que le président syrien avait affirmé à Ban Ki Moon que les opérations militaires étaient terminées, le président des Etats-Unis Barak Obama qui n’avait pas autant réagi aux images violentes en provenance de Deraa,d e Hama ou même de Lattaquié invitait pour la première fois depuis 5 mois Bachar assad à se retirer du pouvoir. Il a été aussitôt suivi (évidemment) par les pays européens, qui d’une seule voix ont appelé au départ du président syrien au moment où il commençait véirtablement à mettre en marche le train des réformes. Etonnant, n’est-ce pas? En général, les appels à la démission ou au départ d’un dirigeant interviennent au plus fort des actions militaires, non lorsqu’elles sont terminées. Comment dans ce cas ne pas ne pas penser que les injonctions américaines et européennes ont pour objectif de rallumer le feu syrien et d’aider une opposition qui s’essouffle au lieu d’encourager réellement un processus de réforme. Dans cette crise syrienne prolongée, on a l’impression que la communauté internationale n’est intervenue que chaque fois que l’opposition était affaiblie, pour lui donner un nouvel élan, sans souci véritable de démocratie ou de liberté.Dès que le régime semble marquer des points dans le sens de la mise au pas des insurgés et de la progression du chantier de réformes, la communauté internationale lève le ton et augmente la pression, avec pour suel souci d »empêcher le régime de sortit victorieux de cette épreuve, quitte à provoquer un nouveau bain de sang. Pour des défenseurs des droits de l’homme on peut faire mieux…

Publicités

question de stratégie

la nouvelle tactique du 14 mars? faire croire que le régime iranien est en trainde lâcher son allié syrien, pour montrer que celui est désormais totalement isolé. Les médias du 14 mars ont ainsi annoncé que des responsables de la République iranienne ont rencontré des représentants de l’opposition syrienne pour s’assurer des canaux de contacts avec la relève syrienne et protéger leurs intérêts dans le pays. C’est pas mal trouvé mais quelle personne qui suit un peu les développements dans la région pourrait croire un seul instant à de tels développements? Le régime syrien est un allié stratégique de la République islamique d’Iran et celle-ci serait prête à faire beaucoup pour le protéger, d’autant qu’elle n’a pas encore joué les cartes en sa possession dans la région. Ces pseudo informations nous rappellent lorsque le 14 mars annonçait à grands cris que la Syrie d’Assad allait lâcher l’Iran pour réintégrer le giron de l’Arabie saoudite. On a vu où cette théorie nous a menés: à la fin de la fameuse équation S-S (Syriens-Saoudiens). Plus stratège que cela tu meurs…

conseil de sécurité

Le Liban s’est abstenu de voter hier la déclaration présidentielle du Conseil de sécurité de l’Onu condamnant la répression en Syrie. Aussitôt, les voix du 14 mars se sont élevées contre cette attitude qualifiée de prolongement de la tutelle syrienne. Mais qu’auraient dit ces mêmes voix si le Liban avait voté contre cette déclaration, rendant impossible son adoption car sleon les statuts de l’Onu, elle ne doit pas faire l’objet d’un vote hostile. En somme, le Liban a, à sa manière, rendu possible l’adoption de cette déclaration, sans faillir à ses engagements régionaux et sans violer l’accord de Taëf et la Constitution qui exige des relations privilégiées avec la Syrie. Cette position subtile dépasse sans doute l’entendement des personnalités du 14 mars. On ne peut pas trop leur demander non plus.